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La main toujours agile, Janine Guilhem réalise une demi-clef sur la ralingue supérieur de ce filet. Ce geste, maintes fois répété, assure au filet une grande solidité et maintient les mailles correctement étirées.
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Filetière, une vie au service de la pêche.
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Janine Guilhem est filetière. Elle demeure aujourd'hui l'une des dernières femmes à fabriquer des filets de pêche.
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Elle a quartorze ans quand sa mère la place comme femme de ménage chez la propriétaire d'une fabrique de filet. Quelque peu insouciante, l'adolescente passe beaucoup de temps à discuter avec ses amies. A cette époque, on ne plaisante pas. Les parents de Janine lui enjoignent de changer de comportement. La jeune fille avait bien laissé entendre que le métier de coiffeuse lui conviendrait mieux, mais il avait été entendu qu'elle entrerait au service de madame Bégu, et qu'il en serait ainsi.
Janine Guilhem devint alors filetière. Elle acquit tous les secrets du ravaudage des filets, de la coupe des nappes, des différentes mailles, ainsi que le tour de main des demi-clefs. Elle apprit aussi à se protéger des coupures du sisal, le matériau utilisé à l'époque pour la fabrication de certains filets. En février et en mars, elle vécut les froidures du petit matin quand, avec ses camarades, elle montait les filets en coton qui seraient ensuite imprégnés de goudron. Plus tard, à l'automne, certains seraient ravaudés par les mains expertes des filetières. Elle confectionna les "panetières", ces cages de filet de coton, dans lesquelles les ostréiculteurs plaçaient les huîtres avant de les immerger dans les parcs.
Aujourd'hui, des filetières comme Janine Guilhem se comptent sur les doigts de la main. Agée de 75 ans, elle ne regrette rien. Elle a bien tenté de former des jeunes, mais personne n'a voulu apprendre le métier; l'absence d'une reconnaissance par un diplôme et la dureté du métier ont brisé toute vélléité de la part des jeunes, du moins à ce jour.
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