Selon les écrits, la chasse à la palombe (1) au moment de leur migration remonte au XIIIe siècle. Cette pratique concerne la chasse au filet, ou pantières, dans les cols de Bigorre et du pays basque. En plaine depuis le XVIe siècle, les palombières à appelants et filets de sol sont utilisées pour la capture des alouettes et des vanneaux. Cette technique est présente dans toute l'Europe.
La famille des colombidés ou pigeons comprend trois espèces sauvages en Europe. Ils ont pour nom : Le pigeon ramier (Columba palumbus), le pigeon colombin (Columba oenas), et le pigeon biset (Columba livia). Seuls, le ramier et le colombin migrent. En provenance du nord de l'Europe, ils utilisent des couloirs de passage qui traversent la région Aquitaine, puis survolent les Pyrénées avant de rejoindre les zones d'hivernage en Espagne et au Portugal. Sédentaire, le biset vit à l'état sauvage en Bretagne et dans quelques massifs méditerranéens où il colonise les zones rocheuses. Il est à l'origine des pigeons domestiques.
Le pigeon ramier est le plus gros et le plus répandu des pigeons sauvages européens. D'une longueur de 40 à 47 cm, il pèse de 350 à 600 grammes pour une envergure de 70 à 75 cm. Tête, cou et dos sont gris bleu foncé. Adulte, il porte deux larges taches blanches de chaque côté du cou, entourées de reflets verts et pourprés. La queue se termine par une barre foncée bien visible au sol. La poitrine est d'un bleu rose vineux pâlissant au bas-ventre. Les rémiges, au gris ardoisé, contrastent avec la marque blanche sur la couverture de l'aile. Chez l'adulte, les pattes sont rouge foncé, le bec rose rougeâtre à la base et jaune orangé à son extrémité. Il peut vivre jusqu'à l'âge de 16 ans.
Un couple de pigeon ramier élèvera de deux à trois couvées
Il se démarque du pigeon colombin, appelé ramier ou rouquet en Aquitaine, lui aussi véritable migrateur mais plus petit et plus fin que la vraie palombe. D'un poids n'excédant pas 400 g, il mesure jusqu'à 35 cm et pratique un vol plus rapide avec des crochets plus vifs que la palombe. Doté d'une queue plus courte, il offre un plumage uniformément gris bleu foncé dépourvu de marque blanche. Les ailes, gris bleu ardoisé, voient les rémiges secondaires se terminer de noir. Le colombin se reproduit dans la plus grande partie de l'Europe, au milieu de forêts de grands arbres feuillus, se nourrissant à terre de graines de céréales, de glands, faînes, baies et insectes. Tout comme la palombe, il devient partiellement sédentaire dans les régions au climat peu rigoureux. Sa migration s'amorce de fin août à fin septembre.
Le biset affiche une parure gris plus pâle que le colombin. Deux larges raies noires lui barrent les ailes et le bas de son dos est blanc. Son oeil est de couleur orange. Les deux colombidés ont une taille identique. Lors des parades nuptiales, au printemps, le pigeon ramier émet un roucoulement à la fois doux et rythmé de cinq notes, accentué sur la seconde (couh ! couhou couh, couhou !).
La palombe niche entre la mi-mars et la mi-avril. Les parades nuptiales et la construction d'un nid sommaire occupent le début du printemps. Les pontes sont de 1 à 3 oeufs de couleur blanche. Après une incubation de 17 jours, les petits, nidicoles, sont nourris pendant une dizaine de jours par le lait de jabot de leurs parents, puis avec des aliments naturels. Les pigeonneaux quittent le nid vers le 22e jour.
Selon la quantité de nourriture disponible, le couple élèvera de deux à trois couvées. L'alimentation du ramier comprend des pois, des glands, des fruits de sureau, d'aubépine et des baies de lierre, des vers et des insectes. Il picore également des graviers qui lui servent à broyer les aliments dans le gésier.
(1) Nos informations sont tirées du livre "Connaître la chasse à la palombe" de Jean-Philippe Audinet, paru aux éditions Sud-Ouest