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La Gazette des Terroirs



N° 13 Mai - Juin 2005



Sommaire

Maîtres-verriers
en Eure et Loir

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Un peu d'histoire

Rubrique histoire
A la découverte des vitraux en Eure-et-Loir.
Un vitrail représente une composition formée de pièces de verre coloré assemblées par des baguettes de plomb, procédé utilisé depuis le début du Moyen Age.

La technique au plomb(1) repose sur un assemblage de pièces de verre et de plombs (vitrail, vitrerie) qui constitue un élément d’une baie. Il s’agit souvent d’un quadrilatère mais ses bords peuvent aussi être courbes. La surface d’un panneau dépasse rarement un mètre carré pour être rigide.Par contre, un vitrail prend pour nom « vitrerie », si son dessin est géométrique et répétitif.

Souvent claire et sans peinture, elle est utilisée dans les losanges ou les bornes. Un vitrail et une vitrerie se réalisent suivant le même procédé en associant le plomb et le verre. Au XIXème siècle, Tiffany invente une nouvelle technique de sertissage qui consiste à entourer chaque pièce de verre par une bande de cuivre adhésive et à souder l’intégralité du dessin.

Le verre employé est plan, d'une épaisseur variant entre 1,5 mm et 5 mm, et le plomb se présente sous forme de baguettes en forme de H couché. Les pièces de verre sont serties dans les plombs puis l'ensemble est maintenu définitivement grâce aux soudures réalisées à chaque intersection des plombs avec de l'étain. En raison de sa capacité à fondre à basse température (232 degrés Centigrade), l'étain est le minerai idéal pour la soudure des vitraux. Vendue sous la forme de baguette, l'étain est associé à 40% de plomb. Avant chaque soudure le maître-verrier applique de l’oléine sur chaque intersection à l’aide d’un pinceau ou en imprégnant la baguette d’étain.

Cette huile décape la surface du plomb pour que la soudure adhère. La stéarine remplit la même fonction que l'oléine, mais elle présente l'aspect d'un bloc cireux blanc que l’on frotte aux intersections.Le maître-verrier utilise des fers à souder, électrique ou à gaz dotés d'une panne en cuivre de taille et de forme variable. Cette dernière concentre la chaleur et permet de souder les points d'étain de façon très précise sur le panneau formé par l'assemblage de pièces de verre et de plombs. La soudure obtenue est alors légèrement bombée sans être trop grosse. La deuxième face du panneau est ensuite contresoudée à l’exception du plomb d’entourage qui ne l’est pas.


L’action de la coupe se fait en deux temps.

Afin d'obtenir des pièces de verre taillées très précisément, le maître-verrier dispose de calibres qui lui servent de guide pour chaque pièce. Pour faire un bon calibrage, il lui faudra tenir compte de la priorité des pièces lors du montage ainsi que du passage des plombs. Il enlève donc cette épaisseur (1,75 mm) sur le tracé puis la répartit de chaque côté du trait. Les calibres en papier fort obtenus ainsi, servent de guide pour la coupe de chaque pièce. Il peut aussi faire coïncider la numérotation des pièces avec leur ordre de montage.

Ensuite, il découpe chaque pièce à l'aide d'un diamant (naturel ou synthétique) ou d'un coupe-verre (roulette de vitrier). L’action de la coupe se fait en deux temps : une rayure puis un décrochage. Si la rayure est correctement effectuée, le verre « file » et le décrochage se fait rigoureusement à cet endroit. Dans le cas contraire, la pince à décrocher positionnée perpendiculairement au trait de coupe sera nécessaire. Parfois les bords sont imparfaits après le décrochage, le maître-verrier les rectifie à l'aide d'une pince à gruger qui brise finement les bords du verre. Pour une meilleure finition, il dispose d'une pierre en carbure de silicium utilisée comme abrasif pour ébarber les bords du verre.

Afin d'assurer une découpe parfaite au verre, le maître-verrier effectue un calibrage à la lame à l'aide d'un guide en verre dénommé pige. Ce guide s'emploie pour débiter en série, les pièces d’une vitrerie pour les motifs rectilignes (losanges, bornes,...). L’outil passe symétriquement de chaque côté du trait.Il peut aussi avoir recours aux ciseaux à calibrer qui permettent la découpe des formes courbes.

Ces ciseaux possèdent une lame centrale mesurant 1,75 mm qui retire l’épaisseur de l’âme du plomb. L'usage des ciseaux pour des vitreries est possible, si le maître-verrier désire obtenir l'irrégularité que l'on retrouve parfois dans les vitraux anciens. Dans ce cas, il calibre tout le panneau et numérote toutes les pièces.


La coloration du verre.

La coloration directe s'obtient par l'ajout de mélanges d’oxydes métalliques qui absorbent certaines longueurs d’onde de la lumière. À l'image de l’oxyde de fer qui absorbe le rouge et donne le vert. La tonalité et l’intensité d’une coloration dépendent de la nature et de la quantité des colorants ainsi que de la composition du verre lui-même (sodique ou potassique).

La coloration indirecte résulte de la suspension de certains oxydes dans la masse vitreuse au cours de la fusion. La coloration apparaît lors du réchauffement du verre aux alentours de 600°C. La chaleur provoque une dilatation des particules qui met en évidence la couleur dans la longueur d’onde souhaitée, par exemple : rose et rouge à l’or, jaune orangé à rouge sélénium.

Les matières utilisées nombreuses et variées sont des colorants minéraux à base métallique car ce sont les seuls qui peuvent être mélangés à la silice pendant la fusion.

En voici quelques exemples :

Bleu = oxyde de cobalt, de manganèse.
Jaune = chrome, argent.
Rouge = oxyde de cuivre.
Violet = oxyde de manganèse.
Rose et rouge rubis = l’or.
Jaune orangé à rouge = le sélénium.


La couleur dans le vitrail du XIIème au XVIème siècle.

La décoloration du verre dans la masse

Les composants contiennent toujours un faible pourcentage d’oxydes métalliques qui teintent le verre d’une couleur verdâtre. Pour obtenir un verre réellement incolore, il faut donc procéder à sa décoloration. Il existe deux techniques :

La décoloration chimique

Les principaux décolorants sont le bioxyde de manganèse (MnO2) appelé "savon des verriers", les oxydes de titane et d’antimoine. Ajoutés à la composition du mélange vitreux, ils neutralisent la coloration verdâtre donnée par l’oxyde de fer. Les conditions de fusion permettent favorisent la disparition les oxydes métalliques indésirables en les décomposant.

La décoloration physique

Lors de la fusion, le peintre-verrier introduit dans la composition du verre, la couleur complémentaire à l’oxyde métallique déjà présent, afin d'amener la teinte de la masse vitreuse vers le gris (incolore).

Un exemple :
verdâtre + rose sélénium donne un neutre
(bleu + jaune) + (rose) = neutre
.


(1) Source http://www.infovitrail.com




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